
mémoire d’une pierre qui façonna les toits
À Bertrix et dans la vallée voisine du ruisseau de l’Aise, s’étendait un vaste réseau d’ardoisières qui, du XIXᵉ siècle jusqu’aux années 1970, a constitué un moteur économique essentiel pour des générations de familles ardennaises. Parmi ces sites, la Morépire — littéralement la “pierre noire” en wallon — fut la plus emblématique : une carrière souterraine étendue sur plusieurs niveaux, où les scailtons — ces mineurs d’ardoise — creusaient la roche grise foncée à coups de barres et d’explosifs pour en extraire des blocs qui finiraient sur les toits et façades des maisons régionales.
Exploitée industriellement de 1889 à 1976–1977, la Morépire a vu défiler des milliers d’heures de labeur : des galeries profondes, des wagonnets glissant sur des rails, des salles gigantesques ouvertes à l’explosif témoignent encore aujourd’hui de cet intense passé industriel.
Après la fermeture de la mine, le site a été transformé en musée vivant, « Au Cœur de l’Ardoise », qui permet de plonger à près de -25 mètres sous terre pour découvrir l’univers des ardoisières — techniques d’extraction, géologie de la roche, conditions de travail des ouvriers et sens du métier. Grâce à un audioguidage multilingue et à des galeries aménagées, visiteurs et familles peuvent aujourd’hui ressentir l’intensité d’un monde souterrain oublié depuis longtemps.
Aujourd’hui, ces tunnels et salles souterraines sont à la fois mémoire industrielle, lieu d’aventure et hommage à ceux qui ont façonné notre paysage bâti. Les ardoisières de Bertrix rappellent combien une roche, apparemment simple, a marqué durablement la vie sociale, les constructions régionales et l’identité profonde de l’Ardenne.
Dans notre région ardennaise, l’ardoise — une roche métamorphique grise foncée — a été pendant des siècles un matériau central de construction, utilisé notamment pour couvrir les toits de maisons et bâtiments.
Autour de Bertrix, dans la vallée du ruisseau de l’Aise, plusieurs sites d’exploitation ardoisière ont existé, répartis sur plusieurs kilomètres :
Ce paysage industriel s’est constitué au XIXᵉ siècle, avec une intensification de l’exploitation de l’ardoise, avant de connaître un déclin progressif à partir du début du XXᵉ siècle et jusqu’à la fermeture des dernières carrières dans les années 1970.
Le site de la Morépire tire son nom du mot wallon morès (noir) et pire (pierre) : la “pierre noire”, c’est-à-dire l’ardoise.
📌 Début d’exploitation :
L’ardoisière est exploitée de manière industrielle à partir de 1889 sous la direction de la société L. et A. Pierlot.
📆 Fin d’exploitation :
L’activité continue jusqu’en 1976–1977, ce qui en fait la dernière ardoisière active de la vallée de l’Aise avant son arrêt définitif.
Contrairement à une simple carrière à ciel ouvert, la Morépire est une carrière souterraine :
Ce travail, souvent harassant, se déroule dans des conditions difficiles : obscurité, humidité, poussière et températures constantes autour de 10–11 °C dans les étages profonds.
Après l’arrêt de l’exploitation industrielle, le site de la Morépire a été aménagé à partir de 1996 en un musée vivant du patrimoine ardoisier.
Aujourd’hui, sous le nom “Au Cœur de l’Ardoise”, ce lieu propose :✔️ La visite souterraine
➡️ Un parcours de près d’1 km à -25 m sous terre à travers tunnels et salles gigantesques, avec audioguidage multilingue (français, néerlandais, wallon).
✔️ Présentations techniques et humaines
➡️ Explications sur la géologie et l’extraction, outils, wagonnets, et conditions de vie des mineurs.
✔️ Expériences originales
➡️ Visites guidées avec d’anciens mineurs, dégustations de produits du terroir ou repas souterrains dans d’anciennes galeries.
Le site constitue aujourd’hui un point fort du patrimoine industriel de Bertrix et figure sur la Route de l’Ardoise qui relie plusieurs lieux historiques d’Ardenne liés à l’exploitation de cette roche.
Un site web à visiter: