Dans la mĂ©moire populaire de la rĂ©gion de Libramont, de Saint-Hubert et de Bertrix, certains personnages restent gravĂ©s comme des silhouettes familiĂšres que lâon croisait partout. Louis Collignon, que tout le monde appelait affectueusement « le Pâtit Louis », faisait partie de ces figures locales hautes en couleur qui ont marquĂ© la vie quotidienne des villages ardennais.NĂ© Ă JĂ©honville le 23 dĂ©cembre 1949, Louis Collignon Ă©tait connu bien au-delĂ de son village. DĂ©cĂ©dĂ© le 13 janvier 2017 Ă lâĂąge de 67 ans, il laisse derriĂšre lui une foule de souvenirs simples mais prĂ©cieux dans le cĆur de ceux qui lâont croisĂ© sur les routes ou lors des grandes manifestations rurales de la rĂ©gion.

Dans toute la rĂ©gion, on se souvenait de lui comme « lâhomme Ă la brouette ». Petit par la taille mais grand par la prĂ©sence, Louis parcourait souvent des kilomĂštres Ă pied, poussant sa brouette sur les routes de lâArdenne. CâĂ©tait presque devenu sa signature. Beaucoup lâont vu arriver ainsi au marchĂ©, Ă la foire du jeudi, ou simplement sur les routes entre JĂ©honville, Recogne et Libramont.Cette image simple est restĂ©e dans les mĂ©moires : une silhouette reconnaissable entre toutes, coiffĂ©e de lâune de ses nombreuses casquettes, avançant tranquillement avec sa brouette, saluant les gens au passage.
Louis Ă©tait Ă©galement un amoureux des chevaux de trait, ces puissants animaux qui font partie intĂ©grante de la tradition agricole ardennaise. On le retrouvait rĂ©guliĂšrement Ă la Foire agricole de Libramont, la plus grande foire agricole de plein air dâEurope, rendez-vous incontournable du monde rural et Ă©questre. Il ne manquait jamais les dĂ©monstrations ou les stands consacrĂ©s aux chevaux, sâarrĂȘtant volontiers pour discuter avec les Ă©leveurs ou simplement admirer ces animaux quâil affectionnait particuliĂšrement. On pouvait aussi lâapercevoir lors des FĂȘtes de la Chasse Ă Saint-Hubert, autre Ă©vĂ©nement majeur de la rĂ©gion.
Les tĂ©moignages concordent tous : Louis Collignon Ă©tait un homme simple, gentil et profondĂ©ment attachant. Beaucoup Ă©voquent son sourire, sa prĂ©sence discrĂšte mais chaleureuse, et cette maniĂšre bien Ă lui dâĂȘtre partout Ă la fois dans les Ă©vĂ©nements locaux.Pour les habitants de JĂ©honville et des villages voisins, « le Pâtit Louis » Ă©tait plus quâun personnage pittoresque : il faisait partie du paysage humain de lâArdenne, au mĂȘme titre que les foires, les marchĂ©s et les fĂȘtes rurales.
Aujourdâhui encore, ceux qui lâont connu se souviennent de lui comme dâun brave homme, fidĂšle aux traditions et aux plaisirs simples.On aime imaginer que, quelque part dans les grands pĂąturages du ciel, le Pâtit Louis galope dĂ©sormais aux cĂŽtĂ©s des chevaux quâil aimait tant, sa brouette posĂ©e au bord du chemin, regardant lâhorizon comme il le faisait sur les routes de lâArdenne.