Ă Bertrix, le folklore ne se limite pas aux rites anciens ou aux traditions religieuses dâautrefois. Il se construit aussi au prĂ©sent, Ă travers des moments collectifs qui rassemblent, marquent les mĂ©moires et forgent lâidentitĂ© locale.
Parmi eux, le BaudetâStival occupe aujourdâhui une place Ă part.
Chaque Ă©tĂ©, la Place des Trois Fers devient le cĆur battant de Bertrix. Pendant plusieurs jours, la musique envahit la ville, les rues se remplissent, les gĂ©nĂ©rations se croisent.
Le BaudetâStival transforme lâespace quotidien en lieu de cĂ©lĂ©bration, comme le faisaient autrefois les kermesses, ducasses et foires villageoises.Ce phĂ©nomĂšne est typiquement folklorique :
đ un mĂȘme lieu, Ă date presque fixe, investi par la communautĂ© pour faire fĂȘte ensemble.
Le nom mĂȘme du festival nâest pas anodin.
Le baudet, animal modeste, robuste et travailleur, Ă©voque lâArdenne rurale, lâendurance et une certaine autodĂ©rision. En lâadoptant comme emblĂšme, Bertrix revendique une identitĂ© populaire assumĂ©e, loin des fastes urbains.Dans le folklore, lâanimal est souvent porteur de sens :
ici, il devient symbole de fiertĂ© locale, dâancrage et de convivialitĂ©.
Le BaudetâStival reprend, sans le savoir parfois, des codes trĂšs anciens :
Comme lors des carnavals ou des grandes fĂȘtes saisonniĂšres, le festival crĂ©e un temps Ă part, oĂč lâon se permet dâĂȘtre plus bruyant, plus joyeux, plus libre.đ Câest lâhĂ©ritier direct des grandes fĂȘtes populaires, transposĂ©es au XXIá” siĂšcle.
AnnĂ©e aprĂšs annĂ©e, le BaudetâStival accumule des souvenirs :
Ces souvenirs forment une mĂ©moire collective, exactement comme les rĂ©cits dâanciennes processions ou de kermesses disparues.
Les habitants ne parlent plus seulement dâun Ă©vĂ©nement, mais de âleurâ BaudetâStival.Câest Ă ce moment-lĂ quâune fĂȘte devient folklore.
Contrairement aux traditions anciennes parfois figĂ©es dans le passĂ©, le BaudetâStival Ă©volue :
Mais son essence reste la mĂȘme :
đ rassembler, cĂ©lĂ©brer et faire vibrer Bertrix ensemble.Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui dĂ©finit un folklore vivant.
Dans quelques dĂ©cennies, on parlera peut-ĂȘtre du BaudetâStival comme on parle aujourdâhui des anciennes ducasses :
avec nostalgie, fiertĂ© et transmission.Car le folklore nâest pas seulement ce qui vient dâhier.
Il est aussi ce que lâon construit aujourdâhui pour demain.Et Ă Bertrix, le BaudetâStival en est dĂ©jĂ une belle expression.