🚂 Entre Mortehan, Cugnon et Bertrix : mémoire d’ardoise, de rail et de silence

🌲 Au cœur de l’Ardenne belge, entre les vallées boisées de l’Aise et de la Semois, serpente aujourd’hui un chemin chargé de mémoire : la « Voie des Pierres qui Parlent ». Cette promenade, aménagée sur l’ancienne ligne ferroviaire Bertrix–Herbeumont–Muno, n’est pas une simple balade touristique. C’est un véritable voyage dans l’histoire industrielle, humaine et ouvrière de la région de Bertrix, de Mortehan et de Cugnon.

🚂 Une ligne ferroviaire née de l’ardoise

⛏️ La ligne ferroviaire 163A fut construite entre 1902 et 1914 afin de relier Bertrix à Herbeumont puis à Muno. Son tracé impressionnant, sans passage à niveau, multipliait tunnels, ponts et viaducs afin de traverser les reliefs accidentés de l’Ardenne.

🪨 Mais cette ligne n’était pas née par hasard : elle répondait avant tout aux besoins des ardoisières de la vallée de l’Aise. À cette époque, toute la région vivait au rythme des « scailtons », ces ouvriers des mines d’ardoise qui travaillaient dans des conditions extrêmement difficiles. L’ardoise extraite dans les profondeurs de Mortehan, Cugnon ou Morépire devait être acheminée rapidement vers les grands centres industriels et les villes.

⚔️ Durant la Première Guerre mondiale, cette ligne prit également une importance stratégique. Les Allemands l’utilisèrent notamment pour le ravitaillement des troupes vers Verdun.

🪨 Quand les pierres racontent les hommes

📖 Le nom « Voie des Pierres qui Parlent » n’a rien de poétique par hasard. Tout au long du parcours, des panneaux didactiques et des pierres dressées racontent l’histoire géologique et humaine de la vallée ardoisière.

⛏️ Ici, chaque roche semble conserver la mémoire des hommes qui l’ont taillée.

🌿 Les talus de schiste, les anciennes galeries, les déblais d’ardoise et les vestiges miniers rappellent l’intense activité qui animait autrefois la vallée. Dans certains secteurs, la montagne elle-même fut littéralement entaillée afin de laisser passer la voie ferrée.

🏞️ Le promeneur traverse ainsi un véritable paysage industriel fossilisé dans la forêt ardennaise.

🏘️ Mortehan : village des scailtons

🪵 À Mortehan, l’histoire de l’ardoise est partout visible. Le village conserve encore de nombreuses maisons traditionnelles construites en schiste, parfois classées au patrimoine. Ces bâtisses modestes, souvent édifiées avec les déchets des ardoisières, témoignent de la vie rude mais ingénieuse des familles ouvrières.

🏚️ Contrairement à la blancheur élégante de Cugnon, Mortehan fut longtemps considéré comme un village plus pauvre, essentiellement tourné vers le travail minier. Les maisons y étaient étroites, serrées les unes contre les autres sur les hauteurs dominant la Semois.

🕯️ Même l’ancien cimetière de Mortehan semble raconter cette histoire. Ses pierres tombales de schiste, usées par le temps et les brumes de la vallée, prolongent cette impression d’un village où la pierre est omniprésente, jusque dans la mémoire des morts.

🌉 Les ponts, tunnels et ouvrages d’art

🏗️ L’un des grands attraits de la Voie des Pierres qui Parlent réside dans ses impressionnants ouvrages d’art.

🌉 Le parcours franchit plusieurs ponts en fer à cheval et viaducs monumentaux, parfois suspendus au-dessus des vallées boisées. Parmi les plus remarquables figurent le pont de La Maljoyeuse ou encore le pont de l’Hermitage.

🕳️ Le tunnel de Linglé reste également l’un des points emblématiques du tracé. Creusé dans la roche ardennaise, il rappelle la démesure des travaux entrepris au début du XXe siècle pour permettre le passage du chemin de fer dans ces reliefs difficiles.

🌲 Aujourd’hui, la nature a repris possession des lieux. Mousses, fougères et arbres recouvrent peu à peu les pierres et les anciens remblais ferroviaires, donnant au site une atmosphère presque hors du temps.

🙏 Sainte-Barbe, protectrice des mineurs

⛪ Le long de la vallée apparaissent plusieurs chapelles dédiées à Sainte-Barbe, patronne des mineurs. Elles témoignent des dangers constants auxquels étaient confrontés les ouvriers des ardoisières.

🪖 Les mineurs priaient cette sainte avant de descendre sous terre, où les risques d’effondrement, d’explosion ou d’asphyxie étaient omniprésents.

🕯️ La chapelle de La Maljoyeuse, datant du XIXe siècle, demeure l’un des symboles les plus marquants de cette mémoire ouvrière. Restaurée à plusieurs reprises, elle continue aujourd’hui à rappeler la foi et les craintes des scailtons ardennais.

🚶 Une reconversion devenue patrimoine

🚂 Après la fermeture progressive des ardoisières et l’abandon du trafic ferroviaire, la ligne sombra lentement dans le silence.

🌿 Mais loin d’être oubliée, elle fut réhabilitée en itinéraire de promenade. Aujourd’hui, la Voie des Pierres qui Parlent attire randonneurs, passionnés de patrimoine industriel, amateurs de nature et amoureux de l’histoire locale.

📚 Sur environ 7 kilomètres, le visiteur marche ainsi au milieu d’un patrimoine unique où se mêlent :

  • mémoire ouvrière,
  • patrimoine ferroviaire,
  • histoire industrielle,
  • paysages ardennais,
  • et traditions rurales.

❤️ Peu d’endroits en Ardenne résument aussi bien l’identité profonde de la région.

🕰️ Un patrimoine vivant de la mémoire ardennaise

🪨 La Voie des Pierres qui Parlent n’est pas seulement un sentier. C’est une archive à ciel ouvert.

👣 Chaque pont, chaque tunnel, chaque mur de schiste et chaque pierre dressée rappellent le travail acharné des générations qui ont façonné la vallée. À travers cette ancienne ligne ferroviaire, c’est toute une page de l’histoire de Bertrix qui continue de vivre.

🌄 Et lorsqu’on parcourt aujourd’hui ce chemin silencieux entre Mortehan et Cugnon, on comprend alors pourquoi, ici, les pierres parlent encore.

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