
Le blason devenu sculpture
À l’entrée du zoning commercial des Corettes, le long de la N89, le regard est attiré par trois grandes formes métalliques dressées vers le ciel. Cette œuvre contemporaine n’est pas un simple décor de rond-point : elle constitue aujourd’hui l’un des marqueurs visuels les plus reconnaissables de Bertrix.
Depuis des siècles, les habitants de Bertrix sont surnommés les baudets. Ce sobriquet, loin d’être moqueur, évoque surtout la ténacité et le courage d’une population rurale habituée aux travaux difficiles : forêts, carrières et champs.
Ce souvenir s’est fixé dans le blason communal :
trois fers d’âne noirs sur fond clair.
La sculpture reprend exactement cet emblème héraldique et le fait passer de l’écu médiéval… à l’espace public moderne.
Ainsi, en arrivant en ville, on lit immédiatement son identité.
La réalisation a été confiée au sculpteur ardennais Jean-Paul Deller, spécialiste des œuvres monumentales intégrées au paysage.
Son travail se reconnaît à quelques principes simples :
Les trois fers ne sont donc pas posés au hasard :
leur inclinaison change selon l’endroit d’où on les observe, donnant l’impression qu’ils se déplacent autour du visiteur.
L’artiste a choisi un acier volontairement patiné par le temps.
Sa couleur brun-rouille rappelle :
La sculpture évolue donc avec les saisons : pluie, soleil et gel la modifient lentement, comme le paysage qui l’entoure.
Installée sur un rond-point très fréquenté, l’œuvre remplit une fonction bien précise :
transformer un simple carrefour routier en porte symbolique de Bertrix.
On n’y fait souvent que passer…
mais on retient l’image.
Avec le temps, les habitants ont adopté un nouveau point de repère :
« On se retrouve aux Trois Fers ».
Cette sculpture résume à elle seule l’histoire locale :
Elle prouve qu’un monument n’a pas besoin d’être ancien pour devenir patrimoine.
Par sa présence quotidienne, elle s’est imposée comme une mémoire moderne du pays bertrigeois.
Les Trois Fers ne sont plus seulement une œuvre d’art :
ils sont devenus un signe d’appartenance.
On peut traverser la commune sans lire un panneau…
mais on sait toujours qu’on est arrivé à Bertrix.