(photo)Ce qui serait étrange c’est le mot Pir (en wallon de Bertrix comme il le serait dans la même région au nord de la Semois, près de Mouzaive) qui signifie « eau-frontière de Gèry, c’est-à-dire le ruisseau des Ailes. Si tel est le bon sens interprétatif, ce Gèry ne serait autre que Gaugericus, honoré sous le nom de saint Géry, né à Yvoix (Carignan au IVe siècle) et consacré évêque de Cambrai vers l’an 585, par Égidius, métropolitain de Reims, sous le règne de Childebert II.
On aurait disparu de Saint Géry la frontière du pagus de Cangian.
Mais on pourrait se demander à quel propos les habitants de ces écarts auraient eu à revendiquer leur nationalité « franque ». Par ailleurs, une telle initiative ne pouvait se situer qu’après la mort de saint Géry, soit après 625.(photo)
La présence aux environs de ruines de petits fortins voisinant avec des lieux-dits comme Lessehan et Renahan, pourrait laisser supposer que ce territoire frontalier aurait pu, à une certaine époque, être contesté…Mais revenons à nos « Pir » et voyons si, confrontés avec l’Histoire, les hypothèses que nous avons émises méritent quelque considération…(texte long, colonne centrale – transcription fidèle)(photo)C’est donc un ruisseau naissant qu’il convient de situer le premier habitat humain en la contrée. Le versant sud de Bertrix, abrité par la grande forêt, étalant en plein soleil ses terres fertiles jusqu’aux marécages de la Venne était certes un attrait plus avantageux au monde épris du désir de s’établir à demeure. C’est ce qui s’arrêta et qui dressa sa hutte…(texte poursuivi – fin de colonne)
(colonne de droite)…dire peu à peu le sentiment de leur parenté et formeront une communauté. Associés sous un même vocable, obéissant à un chef commun, ils partagent également la même existence. Cependant, ils ne vivent pas complètement isolés mais entretiennent des rapports de bon voisinage avec d’autres groupes disséminés dans la région, probablement déjà avec Orgeo qui quelques siècles plus tard sera attesté comme villa dans un acte officiel. La clairière choisie par les premiers occupants fut élargie par des défrichements pour créer au détriment de la forêt, des grandes espaces de culture et des pâturages.
Quand le Roman s’établit à son tour, non loin du clan gaulois ? La date est bien difficile à préciser. Sans doute a-t-il fallu l’apaisement des tribus riveraines avant que Rome n’entreprit l’administration des territoires occupés de l’Ardenne. Cette phase a débuté par la colonisation. Des portions de terre, vastes comme nos communes actuelles, contenant plusieurs dizaines d’hectares, mieux, pouvant même renfermer plusieurs communes, furent distribuées à des nobles romains, soldats ou fonctionnaires, qui de ce fait acquéraient droit de propriété.
Le domaine qui nous occupe fut dès délimité avec précision et déclaré sous le nom de son propriétaire Berticius, déjà au Ier siècle.
À suivre…
Yves GOURDIN