🏰 Jadis, un jouteur, connu à dix lieues à la ronde pour sa force et sa bravoure, habitait une maison de ville à Bertrix. Nul ne se souvenait plus de son nom exact, ni même de l’emplacement précis de sa demeure. La tradition, au fil des siècles, a laissé ces détails s’effacer, ne conservant de l’homme qu’une image devenue symbole : celle de la vaillance et du courage.
🛡️ Bien qu’il fût reconnu comme l’un des plus valeureux guerriers de l’Ardenne, ce jouteur n’était point noble. Sa renommée avait franchi les portes des manoirs voisins, au point d’importuner certains châtelains, agacés de voir les exploits d’un simple manant célébrés plus que les leurs.
⚔️ Trois seigneurs, fiers de leurs victoires passées, décidèrent alors de provoquer le jouteur. Leur dessein était clair : mettre un terme à sa carrière et ensevelir sa réputation sous leur triomphe. Un jour, alors que le combattant chevauchait sur la lande non loin de Bertrix, il vit s’avancer vers lui trois cavaliers à l’allure peu bienveillante.
🐎 Le manant poursuivit pourtant sa route comme un paisible promeneur, attendant la provocation. Les seigneurs, impatients, dégainèrent leurs épées et fondirent sur lui. Le combat fut rude. Les coups pleuvaient, mais le jouteur esquivait avec une adresse et une dextérité remarquables, laissant ses adversaires s’épuiser.
💥 Lorsque leurs forces commencèrent à faiblir, le Bertrigeot lança une contre-offensive foudroyante. Ses attaques étaient précises et redoutables. Bientôt, les trois seigneurs s’effondrèrent sur la brouillère, meurtris, brisés et blessés. Ce n’est qu’alors qu’ils réalisèrent, trop tard, que leur adversaire était invisible.
🏇 Victorieux, le jouteur aurait pu prétendre au titre de chevalier. Il refusa cependant de quitter les lieux sans un trophée. Les armes de ses ennemis étant trop endommagées, et par respect pour ces gentils hommes qui s’étaient battus avec bravoure, il choisit un autre symbole : il retira un fer à chacun des chevaux.
🛡️ « Ces trois fers serviront de blason », déclara-t-il avant de remonter en selle et de regagner paisiblement Bertrix. Ainsi, selon la légende, s’explique de manière chevaleresque et sans merveilleux excessif l’origine des armoiries de Bertrix.