MĂ©moire engloutie entre marais et forĂȘt

📍 Le lieu de Fayet

Sur la route des ArdoisiÚres, à environ un kilomÚtre et demi des Maugires, en descendant vers le pont de la Blanche, se trouve, sur la droite, un lieu-dit nommé Fayet.

C’est lĂ , dit-on, qu’aurait Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e une chapelle dĂ©diĂ©e Ă  saint Roch, aprĂšs la grande peste de 1636. La tradition situe cette construction Ă  la lisiĂšre des terres humides, lĂ  oĂč la forĂȘt commence Ă  refermer son ombre.

â›Ș La chapelle disparue

La croyance populaire affirme que la chapelle et ses cloches auraient été englouties dans les marais. Depuis lors, certaines nuits de pleine lune, à minuit précis, les personnes encore présentes dans les environs peuvent entendre sonner les cloches invisibles.

La mémoire collective a conservé cette croyance dans une expression restée célÚbre :

« CÚ chur vré coume les clotch de Fayai »

🌿 Une campagne trompeuse

À cet endroit, la campagne paraüt simple, bien verte, presque joyeuse.

La forĂȘt commence un peu plus loin.

Une grande forĂȘt effilĂ©e, haute, oĂč les sapins jettent leurs bras vers un ciel au courant puissant. Les arbres y forment, au-dessus du sentier, de vĂ©ritables nerfs de branchages dĂ©charnĂ©s. Les fougĂšres serrĂ©es tapissent le sol, tandis que les digitales se dressent comme des hampes de drapeaux, prĂ©sentant leurs cloches d’un rose vif.

đŸŒ«ïž La forĂȘt des eaux cachĂ©es

Lorsque les arbres s’écartent, laissant place Ă  la clairiĂšre, la broussaille et les mousses raboutĂ©es, grises, recouvrent la terre.

Souvent, des marais s’insinuent dans la forĂȘt.

FrangĂ©s d’arbres jusqu’à leurs rives, ils dissimulent leurs mystĂšres sous le reflet du ciel et semblent, dans le silence, avoir enseveli tous les secrets. Pour les dĂ©couvrir, il faut parfois suivre des chemins herbus et fangeux, des sentiers qui paraissent refuser d’indiquer la marche.Étrange forĂȘt.TrĂšs vite s’en dĂ©gage une impression obsĂ©dante : Ă  la fois solitude et prĂ©sence


🌙 Les cloches de la nuit

La forĂȘt, profonde et silencieuse, s’écarte parfois et s’ouvre sur des Ă©chappĂ©es de paysages, comme des points de suspension, en attente de quelque chose.

La nuit, lorsque la lune mange le ciel, des cloches se font entendre
Souvenir lointain d’une chapelle Ă©difiĂ©e au cƓur de la forĂȘt.

🌑 Le silence du matin

Au matin, les murmures se sont tus.

Alors, on laisse se refermer la surface des marais sur la chapelle engloutie


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