La commune de Jéhonville faisait autrefois partie du duché de Bouillon. Selon les chroniques de Saint-Hubert, Jéhonville est un village ancien.

En 1123, Thiéry II, abbé de Saint-Hubert, obtint d'Adalbéron de LiÚge l'incorporation, à titre de vicaria perpétuelle, de l'église de Jéhonville prÚs de Paliseul.

Ainsi, le village existait dĂ©jĂ  Ă  cette Ă©poque, mais depuis quand exactement ? Les mĂȘmes chroniques mentionnent Ă©galement un ancien village appelĂ© Lusceia, situĂ© dans la forĂȘt de Luchy. Aujourd’hui encore, un lieu-dit, Fange-du-ChĂąteau, rappelle l’emplacement d’un chĂąteau aujourd’hui disparu.

Au Xe siĂšcle, ce village existait dĂ©jĂ , car les chroniques de Saint-Hubert relatent qu’en 1915, le procureur de Lusceia, mordu par un loup enragĂ©, fut guĂ©ri par l’intercession de Saint-Hubert. Ce fut le premier cas de guĂ©rison de la rage attribuĂ© Ă  la vertu de la Sainte Étoile.

La forĂȘt de Luchy, Ă  l’est du territoire, appartient aux communes de JĂ©honville et du Offagne. Selon la tradition, cette forĂȘt aurait Ă©tĂ© donnĂ©e anciennement Ă  ces deux communes par la chĂątelaine de Luchy. On raconte que cette dame avait un fils attirĂ© Ă  Bruxelles par des parents avides de son hĂ©ritage. Pour s’approprier cet hĂ©ritage, ils le firent subir Ă  une opĂ©ration le rendant incapable d’avoir des hĂ©ritiers. Pour punir ces parents cupides, la dame de Luchy cĂ©da alors son domaine Ă  JĂ©honville, oĂč elle avait Ă©tĂ© bien accueillie.

Un autre chĂąteau existait Ă©galement prĂšs de JĂ©honville : le chĂąteau de Mileumont, situĂ© Ă  deux ou trois cents mĂštres au nord du village, dans la partie du RhĂŽne. Ce chĂąteau a Ă©galement disparu depuis longtemps. À sa place, des champs portent encore le nom de Champs de Mileumont. Un chantier traverse ces champs, et un autre lieu-dit, "les Francs Champs", rappelle que les propriĂ©taires de ces terrains, ayant cĂ©dĂ© un passage pour le chĂąteau, furent affranchis de toute redevance.

Il y a quelques années, des fouilles ont permis de retrouver des vestiges de ce chùteau, dont certaines ruines étaient encore visibles au début du XXe siÚcle.

Les traditions et anciens écrits ne nous apprennent rien de plus sur ces lieux. Les registres paroissiaux consultés, datant seulement de 1728, ne fournissent aucune information supplémentaire sur cette ancienne seigneurie.

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